Accueil Non classé Léonie Kwekam : «Le marché de Noël est né d’une idée banale»

Léonie Kwekam : «Le marché de Noël est né d’une idée banale»

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Une boule d’énergie

Elle, c’est Léonie Kwekam. Taille moyenne et teint clair. A priori, elle donne l’impression d’être une pure petite fille candide. Même l’écho de sa voix ne ferait pas trembler une mouche. Une nature qui l’a très souvent desservie dans l’organisation du concept «le Marché de Noël» qui, est devenu depuis 6 ans, un rendez-vous annuel d’envergure dans la ville de Douala. Tout part selon la jeune femme de 43 ans,  d’un fait banal. Les décorations de sapins de noël et des crèches pendant la noël ; pour des particuliers dans le cadre de son entreprise, Decoralia. Passionnée de fleurs, rien ne prédestinait celle-ci à la logistique, la décoration et à l’art floral  pratiqués aujourd’hui. Après des études primaires et secondaires dans la capitale politique du pays au collège La Retraite et au Lycée Bilingue, elle s’envole pour Toulouse en France où elle passe son Baccalauréat. Puis s’en suit des études universitaires à Reims en Biologie et en biochimie, sanctionnées par une maitrise. Mais confie-t-elle, lors des études sur les plantes notamment le Lys, elle s’est sentie une fibre artistique qui était enfui en elle et que ses parents avaient remarqué. Car se souvient-elle, elle aime depuis l’enfance ranger la maison, les couverts à tables et l’intérieur de la maison. Mariée et mère d’enfants, Léonie est installée à Douala depuis 10 ans. Et depuis 6 ans, elle fait parler d’elle à travers «Le marché de Noël». Face aux réseaux, le fait d’être une femme, jeune et loyale…le chemin a été long. Mais tout selon elle, ne tient qu’à l’amour. Elle le confie dans cet entretien !

A.T.

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D’où vous êtes venu l’idée de créer un marché de Noël dans la ville de Douala ?

Dans le cadre de nos activités à Décoralia, on nous invite tous les mois de décembre pour décorer les églises, fabriquer des crèches etc. En 2008, nous avons fait une crèche géante d’un mètre à Bonanjo. On y a fait une mini foire pour exposer nos produits (sapins, crèches, décorations). A notre grande surprise, les gens se sont montrés très intéressés. Les enfants demandaient aux cars scolaires, des arrêts pour admirer le sapin, visiter la crèche. Et même les parents de retour du boulot y faisaient un tour. On s’est dit, pourquoi ne pas faire plus grand. Donc, une crèche grandeur nature pour des personnes de plus d’un mètre 70. Nous avons pensé à un village dans lequel Jésus est né. C’est pourquoi nous l’avons baptisé Bethléem. Et c’est le point focal du marché de Noël parce que c’est par là que tout a commencé. En 2009, on se déporte à la Maison du Parti de Bonanjo en associant des entreprises de rafraichissements. Et banalement, l’architecte a fait un plan du site avec 45 stands possibles alors qu’au départ, nous voyons juste une grande crèche que les gens pouvaient visiter en sirotant un petit jus et en grignotant. Puis, nous sommes allés voir le cabinet conseil Nelson, qui a approuvé le projet. Au départ appelé «le village du Père Noël», il nous a proposés le nom «Le marché de Noël». Et nous nous sommes lancés avec l’aide de la Communauté urbaine de Douala. Et tout s’est bien passé.

Si tout se passait aussi bien pourquoi êtes-vous parti de la Maison du Parti de Bonanjo pour le Complexe Camtel à Bépanda ?

On a eu à cette première édition plus de 30 000 visiteurs. Mais les voisins se plaignaient de nuisances sonores. Du coup, la foire ne pouvait se tenir au delà de 19 heures. Et puis les entreprises ont estimé que Bonanjo qui est un centre administratif, n’était pas un lieu pour promouvoir leurs produits. Que leurs consommateurs étaient dans les quartiers. C’est comme cela qu’on se retrouve à Camtel Bépanda.

Est-ce qu’en 6 éditions, vous avez rencontré une difficulté majeure ou tout est rose pour vous jusqu’ici?

La plus grosse difficulté a été de convaincre les entreprises qu’on est sérieux. Elles veulent vous voir d’abord faire vos preuves avant de prendre le risque d’associer leur nom à votre concept. C’est normal. L’autre difficulté est qu’à Douala, les gens pensent que toutes les initiatives meurent aussitôt nées. Qu’aucun évènement ne marche. Que c’est seulement à Yaoundé que les évènements tiennent. Et quelque part, c’est vrai. Parce que quand j’étais petite, la foire de Tsinga était un rendez-vous annuel pour parents et enfants. Or à Douala, les enfants ne grandissent pas avec l’habitude d’aller visiter ou de participer à un grand rassemblement tous les ans. Et je l’ai vu. J’ai commencé avec plusieurs autres foires qui aujourd’hui n’existent plus.

On dirait à vous écouter que le bilan est très poistif…

On ne peut pas voir le gain en termes d’argent. Il y a des gains qui induisent par la suite de l’argent. Nous avons gagné en crédibilité, en notoriété et de confiance. Je crois qu’au moins pour cela, le reste va suivre. Et ce gain va au-delà de la ville de Douala et du Cameroun. Il n’y a de plus grand que de montrer aux gens qu’ils peuvent vous faire confiance et d’être fidèle à cette vision là.   

Est-ce que le fait d’être femme portant un si grand projet n’a pas quelque fois joué en votre défaveur ?

Le fait d’être femme, ma voix, il parait que je parle comme une petite fille, mon visage d’enfant…m’ont crée des barrières. En entreprise parfois, on me demandait ce que je raconte. Mais à force d’insister, ils m’ont compris. Et même, à Douala, il y a des gens qui sont reconnus comme de grands organisateurs d’évènements sans qui rien ne pouvait se faire et qui auraient la solution magique. Or nous travaillions pour ne pas gagner du coup mais sur la durée. Je ne fais partie d’aucun réseau. Je le dis à haute et intelligible voix. Je travaille. Les premières à me mettre les bâtons dans les roues étaient des femmes comme moi. Quand je suis entrée déposer mon dossier à des endroits, des gens se moquaient de moi. Quand je commençais, je suis allée dans un cabinet conseil camerounaise en évènementiel et le monsieur que j’ai rencontré m’a dit, Madame il y a des choses faites pour les femmes et d’autres pour les hommes. Je n’ai jamais oublié cela. Ça m’a boostée. Malheureusement ou heureusement, une des plus grosses entreprises avec qui il travaille a souscrit pour un stand au marché de Noël. Donc à la première édition, ce monsieur est venu me féliciter en pensant à tout ce qu’il m’avait dit.  La réussite vient aussi des frustrations et des échecs.

Est-ce que quelque fois, vous n’avez pas pensé à tout laisser tomber malgré cette force de caractère ?

L’éducation compte dans la vie. J’ai été éduquée dans un environnement de courtoise et de respect de l’aîné et d’autrui. Il faut apprendre à comprendre la personne qu’on a en face de soi pour ne pas réagir n’importe comment. Ma spiritualité n’est pas du tout négligeable. Je m’efforce au quotidien  de suivre la règle biblique de l’amour du prochain. Quand vous marchez en esprit avec l’amour du prochain, vous avez tout gagné. C’est mon secret.

Entretien avec Adeline TCHOUAKAK

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6 Commentaires

  1. Name Rick

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