Accueil Non classé Spécial rétro culturelle de l’année 2014 au Cameroun

Spécial rétro culturelle de l’année 2014 au Cameroun

Commentaires fermés
0
508
Grand bordel dans les sociétés de droit d’auteur
 2014 aura été pour les artistes de tous les domaines confondus, un véritable cauchemar dans la mesure où ils n’ont pu jouir des fruits de leurs créations.
Ama-Tutu-Muna
 
Tout commence avec la nomination de l’artiste musicien Sam Fan Thomas par la ministre des Arts et de la culture Ama Tutu Muna, comme président du comité ad hoc de redressement de la société camerounaise de l’Art musical (Socam). S’en suit alors des querelles interminables. Les partisans de l’ex président du conseil d’administration déchu pour raison de double nationalité, porte l’affaire à la plus haute instance juridique du pays, la Cour suprême. Malheureusement ! Ndédi Eyango est débouté le 13 mars, dans l’affaire qui l’oppose au ministère des Arts et de la Culture. Dans la même veine, la Cour suprême reconnait la Cameroon music corporation (Cmc) comme la seule société de droit d’auteur au Cameroun.
 
Les trois mois accordés au comité ad hoc de redressement et de normalisation sont épuisés. Aucune copie n’est rendue. La ministre des Arts et de la culture accordent à ses membres six mois supplémentaires. En principe, au plus tard en septembre, les artistes et l’opinion devraient avoir une idée des conclusions de ces travaux. Comme pour endormir les esprits, c’est les répartitions «très contestées» qui sont servies à la place des copies de ces comités de redressement et de normalisation au mois le 2 septembre. A Douala, le bailleur des locaux qui abritent la Socam demande à ses occupants de libérer les lieux. Ils accusent des mois de loyers impayés. Entre temps, la ministre de tutelle trouve le moyen d’offrir des instruments de musique aux artistes. A quelles fins ?
 
Le bordel persiste
 
Comme une maladie très contagieuse, le virus du désordre se propage dans les autres sociétés de droit d’auteur. Notamment la Sociladra (Société civile des droits de la littérature et des arts dramatiques) et la Socadap (société civile du droit d’auteur et droits voisins des arts plastiques et graphiques). Les portes sont barricadées et les contestations fusent. Et comme à l’accoutumée, Ama Tutu Muna est imperturbable. Une force finalement !
 
L’on notera qu’en 2014, ni les artistes ni les experts du droit d’auteur encore moins, le gouvernement, n’ont pu trouver des solutions aux problèmes de distributions. Le piratage des œuvres de l’esprit poursuit son chemin. Au chapitre des promesses non tenues, aucune salle de cinéma n’a été ressuscitée. Pourtant, la ministre nous en avait promis deux avant la fin de l’année. Les cinéastes continuent de squatter les salles de spectacles. Pour ceux qui en ont les moyens comme Thierry Ntamack. Après le succès de son long métrage, «le Blanc d’Eyenga», le public attendait avec impatience la sortie de «Le Blanc d’Eyenga 2». De la pure farce a été servie à celui-ci en avant-première le 24 octobre à la salle de spectacle Douala Bercy dans la capitale économique. A place du film, c’est des séquences de tournage qui ont été projetées. Une grosse déception pour ses fans, qui, heureusement sont restés calmes malgré les sous dépensés pour leurs billets d’entrée.
 
Le Fenac
 
On se demande s’il ait encore besoin qu’on continue d’en parler. Le festival national des arts et de la culture (Fenac) a-t-il été rayé des priorités du ministère des Arts et de la culture ? Depuis la dernière édition à Maroua, il n’en parle plus. Si ce n’est que pour faire des promesses qui jusqu’ici, restent des promesses. Pourtant, c’est des occasions uniques pour des artistes qui se rencontrent, échangent leurs expériences pendant des compétitions et fédèrent leurs énergies pour la santé et le rayonnement de notre culture. L’on retiendra aussi de cette année, de vives contestations après l’élection de Larissa Ngangoum miss Cameroun 2014. Des critiques plus acerbes qu’en 2013, après élection de Valérie Ayena, miss Cameroun. Le Comité d’organisation de Miss Cameroun devrait faire attention à sa crédibilité.
Adeline TCHOUAKAK
 
 
 
 
Un sourire, de l’espoir à l’horizon 2015
 2014 n’aura pas été qu’une année sombre pour la culture camerounaise. Malgré les difficultés, des passionnées ont porté haut le drapeau national.
Stanley Enow
 
C’est avec beaucoup d’enthousiasme que les mordues de culture et curieux, ont redécouverts le musée national le 6 novembre dernier. A l’occasion de l’anniversaire de l’accession à la magistrature suprême du Président de la République, Paul Biya, la ministre des Arts et de la culture a cru bon d’organiser des journées portes ouvertes. Du 6 au 9 novembre, les visiteurs ont eu l’occasion d’apprécier l’état d’avancement des travaux de réhabilitation qui durent depuis 2009 pour un coût total estimé à 15 milliards Fcfa. En août, le tricolore camerounais a flotté aux Etats-Unis grâce à la belle prestation du Ballet national au John kennedy Memorial Center for de performing Arts à Washington. L’on pense à l’artiste plasticienne Justine Gaga qui a reçu deux prix à la 11ème édition de la Biennale de Dak’art qui a eu lieu du 9 mai au 8 juin 2014. Avec son exposition «Indignation», elle a eu le prix 2014 du ministère de la Culture et du patrimoine du Sénégal et le Grand Prix Léopold Sédar Senghor. Avec son roman baptisé, «Ceux qui sortent la nuit», l’écrivain camerounais Daniel Alain Nsegbe alias Mutt-Lon, a reçu le prix Ahmadou Kourouma en mai à Genève. Sacrée année pour le digne représentant de la musique urbaine camerounais, Stanley Enow. Avec son titre «Hein Père», il a fait le tour de l’Afrique et du monde. Avec au passage des récompenses dans sa besace. Il a été primé aux Mtv music awards en Afrique du Sud et sacrée révélation African music magazine awards aux Etats-Unis. Au Cameroun, il a reçu le prix du meilleur artiste international aux Balafon music awards 2014. Mani Bella, la chanteuse de Bikutsi qui a le vent en poupe en ce moment, a été nominée au Kora awards grâce a son titre à succès «Pala Pala». L’année 2014 a été marquée par la prouesse du trio X-Maleya. Accompagné et soutenu par le goléador camerounais, Samuel Eto’o Fils, il s’est produit dans la salle mythique de l’Olympia à Paris. L’on n’oubliera pas l’écrivain et homme de culture, le Prince Kum’a Ndumbe III qui a reçu l’«A.D. King Foundation Award for Leadership In Social Empowerment » (prix du Leadership dans la dynamisation sociale), le 15 novembre a Atlanta aux Usa de la fondation du regretté  Révérend A.D. Williams King, frère du pasteur Martin Luther King.
justine-gaga 
Mondialisation
 
Plus près de nous, il est important de saluer l’abnégation et le courage de certains organisateurs de festival, qui malgré l’environnement précaire, tiennent à offrir un espace d’expression aux jeunes et par là, à faire vivre la culture camerounaise. Entre autres, les promoteurs du festival de musique et d’oralité Quartier, qui a fait de grandes avancées sur le plan logistique et professionnels l’année dernière. L’ouverture du festibikutsi aux autres cultures est un grand pas vers la mondialisation et le festival de danses et de percussions, Aboki Ngom’a reste constant etc. L’on beaucoup d’enthousiasme autour du Salon du Livre, cher à Ama Tutu Muna qui y investit beaucoup d’énergie. Espérant qu’en 2015, cela continue.
 
Adeline TCHOUAKAK
 
 
 
 
Ils nous ont quittés en 2014…
 
 
-Mars 2014 : Lapiro avale son micro
Lapiro de Mbanga
 
La nouvelle a choqué les camerounais de l’intérieur et de l’extérieur. Ainsi que des sympathisants de l’artiste à travers le monde. Un combattant de la liberté est tombé au moment où il espérait souffler un peu. Après trois ans d’emprisonnement ferme pour entre autres, troubles à l’ordre public et incitation à la rébellion, l’artiste musicien Lapiro de Mbanga décide de s’installer aux Etats-Unis d’Amérique avec sa famille. C’est bien loin de ses bourreaux qui rend son dernier souffle le 16 mars 2014 Buffalo dans l’Etat de New-York. Il y repose pour l’éternité. Il avait 57 ans.
 
 
 
-21 février : Ateba Eyene se tait à jamais
Ateba Eyene
 
Qui l’eu cru ? Même pas lui-même. L’auteur prolixe avait l’énergie et l’inspiration nécessaires pour écrire plusieurs ouvrages en même temps. A son actif, une vingtaine de livres et d’essai publiés. Ateba Eyene était aussi un activiste, un leader d’opinion. Ses admirateurs ont cessé d’écouter ses analyses et ses positions à la fois crues et empreinte d’humour. Il est certes mort à l’âge de 42 ans, mais ses idées couchées par écrits lui survivront.
 
 
 
-11 novembre : Diduer Schaub s’incline
 
Les artistes plasticiens ne l’oublieront pas de si tôt. Le directeur artistique de l’espace d’art contemporain, doual’art a succombé à une longue maladie le 11 novembre à  Paris à l’âge de 62 ans. L’Epoux de la princesse Marylin Douala Bell avait consacré plus de 23 ans de sa vie à la promotion de l’art camerounais. Avec son épouse, ils avaient cofondé, doual’art en 1991. Depuis l’annonce de son décès, cet espace porte le deuil. Après son enterrement en France, la grande famille a tenu a lui rendre hommage à travers une semaine qui s’ouvre la semaine prochaine.
Rassemblés par A.T.
Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par Ady
Charger d'autres écrits dans Non classé
Les commentaires sont fermés.

Consulter aussi

Gino Sitson : «Mon album sera bientôt disponible au Cameroun»

Jazzman camerounais vivant aux Etats-Unis, il est également vocaliste et doctorant en musi…